Les clés du sommeil en conditions extrêmes
Les clés du sommeil en conditions extrêmes

Les clés du sommeil en conditions extrêmes

Catégories : Mieux dormir
Passer une bonne nuit de sommeil de sept heures quand on est spationaute ou navigateur solitaire peut relever de l’utopie ! Pourtant, le sommeil reste indispensable pendant ces activités extraordinaires. Pour évoluer en toute sécurité, il est plus prudent de conserver toutes ses facultés en intégrant des phases de récupération en cours d’exercice. Il en va de même lors des longues épreuves sportives ou des expéditions en milieu hostile. Mais alors comment font Thomas Pesquet ou le skipper François Gabart pour se reposer et maintenir leur vigilance au cours de leurs périples ? Retrouvez notre point sur le sommeil en conditions extrêmes.

L’importance du sommeil en situation exceptionnelle

Des temps de repos sont nécessaires au bon fonctionnement du corps humain, même dans des situations peu ordinaires.

Une nécessité vitale pour conserver toutes ses facultés

Tout être humain a besoin de sa dose de sommeil quotidienne, y compris en position inconfortable. Dormir fait partie des fonctions vitales puisque cette activité aide le corps à récupérer physiquement, psychologiquement et intellectuellement. Le repos nocturne sur son oreiller ferme contribue notamment au maintien de la température interne, de la vigilance et à la régulation du stress. Ces fonctions sont essentielles en contexte hostile.

Pour y parvenir, notre organisme passe par des phases d’alternance veille-sommeil, synchronisées sur notre horloge biologique. Au cours de périodes sportives ou professionnelles intenses, l’attention est requise nuit et jour. Les cycles du sommeil sont souvent désorganisés. Il devient plus que nécessaire de trouver des parades pour lutter contre le sommeil ou d’intégrer des pauses récupératrices.

Des conditions peu propices au sommeil

Notre corps est également sensible à l’environnement quand il dort. Le bruit peut perturber les phases de sommeil, tout comme la température ou la lumière. Dans ce cas, il peut être difficile de synchroniser ses rythmes circadiens lorsque l’on se trouve enfermé dans un milieu clos. Par exemple, dans une station spatiale ou un sous-marin, les occupants peuvent perdre tous les repères temporels.

La lumière joue tout particulièrement un rôle essentiel pour l’endormissement comme le montrent les études des scientifiques du Centre international de recherche sur le sommeil (Circsom)1. Les cellules de notre rétine sont en lien avec notre cerveau et l’informent sur l’intensité de l’éclairage. Cette donnée va ensuite pousser notre centre nerveux à produire de la mélatonine, la fameuse hormone du sommeil. Mais lorsque le milieu dans lequel on évolue est isolé de la lumière naturelle, cette fonction peut se dérégler.

Les effets d’un manque de sommeil en conditions extrêmes

Dormir lorsque l’on part en mission ou que l’on s’engage sur une ultra-course est indispensable. Or, tout ne se passe pas aussi facilement. La somnolence guette. Les risques d’accident sont réels en raison du manque de vigilance lors de ces conditions éprouvantes.

Côté athlètes, l’effort physique vient amplifier les effets. Sur des compétitions exigeantes telles que l’Ultra-trail du Mont-Blanc (UTMB), les sportifs peuvent courir 3 jours d’affilée. Affronter deux nuits consécutives sans sommeil engendre des conséquences néfastes. En plus de la somnolence, les sportifs subissent des hallucinations dans les cas les plus extrêmes. Leurs temps de réaction s’allongent, ce qui peut devenir dangereux sur des parcours accidentés en montagne. Leur comportement est similaire à celui d’un individu qui aurait ingurgité 1,5 g d’alcool dans le sang, selon Rémy Hardiel, enseignant-chercheur spécialisé dans la gestion du sommeil dans des conditions extrêmes. Découvrez ses conseils dans cette vidéo :

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Les méthodes pour dormir dans des conditions extrêmes

Dormir debout, microsiestes, toutes les techniques sont bonnes pour reprendre des forces quand on ne peut pas dormir dans des conditions décentes.

Le sommeil polyphasique des sportifs de l’extrême

Qu’ils soient navigateurs ou pilotes de longue durée, les sportifs de ces disciplines exigeantes ont besoin de récupérer lors de mini-pauses de sommeil. Les spécialistes recommandent la technique du sommeil polyphasique, incitant les compétiteurs à dormir sur de très courtes phases. En alternant des séquences de siestes allant de 10 minutes à 1 h 45 selon l’état général et des périodes de veille, il leur est plus facile de résister et de lutter contre la fatigue. Avec ce sommeil flash, ils conservent des facultés intellectuelles et des réflexes qui leur permettent de terminer leur compétition dans de bonnes dispositions. Ce principe de microsieste est aussi appliqué par les militaires en mission sur le terrain.

Pour affronter froid polaire, le duvet est roi

Si vous envisagez de réaliser une expédition sur les terres polaires, vous allez devoir intégrer le paramètre du froid pendant les nuits sous la tente. Dans le Grand Nord, les températures peuvent atteindre les - 40 °C ! Pour arriver à bien dormir, vous allez superposer plusieurs couches de vêtements et isoler votre corps du sol à l’aide de matelas épais et d’une couverture de survie. En complément, misez sur un sac de couchage pour le trekking en duvet naturel. Le duvet étant reconnu pour son haut pouvoir isolant et ses incroyables capacités thermiques, c’est la matière phare de vos nuits polaires. À l’instar d’une couette très chaude, votre protection douillette vous aidera à tomber dans les bras de Morphée, même dans de rudes conditions !

Les besoins en oxygène des alpinistes de haute montagne

Gravir les sommets mythiques demande une préparation exigeante pour mieux dormir à la belle étoile. Les problèmes surviennent au-delà de 5 000 mètres d’altitude pour les alpinistes de haute montagne. L’oxygène se raréfie et les montagnards éprouvent d’importantes difficultés pour trouver un sommeil réparateur. Les grimpeurs de l’extrême constatent des apnées du sommeil entraînant un bref arrêt de la respiration et donc des réveils réguliers en cours de nuit. Les chercheurs de l’Université de Lausanne conseillent le port d’un masque de nuit facilitant l’inspiration du gaz carbonique pendant que la personne dort. Ainsi, la respiration se stabilise en raison d’un taux de gaz carbonique suffisant dans le sang.

Les équipements de nuit des astronautes

Comment dormir sereinement en apesanteur, telle est la question des astronautes embarqués à bord des stations spatiales en orbite autour de la Terre. Dans un environnement où s’allonger est impossible, ces chercheurs de l’espace doivent impérativement fixer leur couchage. Ici point de chambre à coucher, mais des compartiments de repos individuels permettant de stabiliser le dormeur. Autrement, ils se glissent dans leur sac de couchage spécial pour l’espace qui s’accroche aussi bien sur le plancher, les murs ou le plafond ! Les spationautes peuvent donc dormir debout, équipés de bouchons d’oreille et de masques de nuit.

Les couleurs du sommeil dans un sous-marin

Les militaires en mission à bord d’un sous-marin sont coupés de la lumière naturelle pendant des semaines, voire des mois. Et lorsque l’on connaît l’importance de la luminosité pour bien dormir, la question se pose en matière de qualité du sommeil. L’astuce consiste à jouer avec les couleurs des lumières pour marquer les repères diurnes et nocturnes. En journée, la lumière est blanche ou bleue, proche de celle du jour. Pendant la nuit, une lueur rouge est diffusée pour inciter les sous-mariniers à dormir et ainsi respecter leurs cycles nocturnes.

1Publication CNRS portant sur l’étude Circsom : Comment la lumière régit notre sommeil - novembre 2021

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